Définition/Introduction
Le zinc (Zn) est un oligo-élément essentiel pour l’organisme humain. Présent en très faible quantité, il joue un rôle fondamental dans de nombreux processus biologiques. Il est impliqué dans l’activité de plus de 300 enzymes et intervient dans des fonctions vitales telles que la croissance, l’immunité, la reproduction, la cicatrisation et la perception sensorielle.
Le zinc est également un acteur clé de la protection antioxydante et du métabolisme cellulaire. Sa carence comme son excès peuvent entraîner des déséquilibres importants. L’organisme ne disposant pas de réelles réserves en zinc, un apport alimentaire régulier est donc indispensable.
Source
Les principales sources alimentaires de zinc sont :
- Les produits d’origine animale : viande rouge, foie, fruits de mer (notamment huîtres, crabe, homard), œufs, lait.
- Les aliments d’origine végétale : graines (courge, sésame), noix, légumineuses, céréales complètes. Toutefois, leur biodisponibilité est souvent moindre en raison de la présence d’inhibiteurs comme l’acide phytique.
- L’eau potable contient également du zinc à des concentrations variables, souvent très faibles.
Les aliments d’origine animale apportent du zinc plus biodisponible, car moins lié à des composés inhibiteurs.
Apport
Les besoins journaliers en zinc varient selon l’âge, le sexe et l’état physiologique. Chez l’adulte, les apports journaliers recommandés sont estimés en moyenne à environ 11 mg par jour chez l’homme et 8 mg par jour chez la femme. Ces besoins augmentent chez la femme enceinte et la femme allaitante en raison des exigences liées au développement fœtal et à la production du lait maternel. Les autorités sanitaires recommandent également de ne pas dépasser une limite supérieure d’environ 25 mg par jour afin d’éviter les effets toxiques liés à un excès de zinc.
D’un point de vue général, les valeurs recommandées peuvent être résumées ainsi :
- Chez les enfants et les adolescents, les besoins augmentent progressivement avec l’âge jusqu’à atteindre les valeurs de l’adulte.
- Chez les adultes, les recommandations tournent autour de 8 à 11 mg par jour.
- Chez les femmes enceintes et allaitantes, les besoins sont légèrement augmentés et peuvent atteindre 11 à 13 mg par jour.
La limite maximale tolérable pour l’adulte se situe autour de 25 mg par jour.
Ces données sont basées sur les recommandations internationales, notamment celles de l’Organisation Mondiale de la Santé.
Sources/origine des données : Organisation mondiale de la Santé (1996) ; Stiles et al. (2024).
Rôles
Le zinc remplit de nombreuses fonctions dans l’organisme, dont :
- Cofacteur enzymatique : Il est indispensable à l’activité de nombreuses enzymes impliquées dans la synthèse de l’ADN, des protéines, et dans la régulation du métabolisme énergétique.
- Fonction immunitaire : Il soutient l’immunité innée et adaptative, en favorisant la prolifération et l’activation des lymphocytes.
- Croissance et développement : Essentiel au cours des périodes de croissance rapide (enfance, adolescence, grossesse).
- Réparation tissulaire et cicatrisation : Le zinc favorise la régénération des tissus, notamment cutanés.
- Antioxydant : Il stabilise les membranes cellulaires et agit contre les dommages oxydatifs via des enzymes comme la superoxyde dismutase (SOD).
- Perception sensorielle : Il joue un rôle dans la perception du goût et de l’odorat.
- Fonction neurologique : Le zinc intervient dans la neurotransmission et la plasticité synaptique.
Métabolisme
Absorption
L’absorption du zinc a lieu principalement dans l’intestin grêle (duodénum et jéjunum). Elle dépend de l’état nutritionnel et est régulée par les besoins de l’organisme. L’absorption est facilitée par des protéines telles que les métallothionéines, mais peut être inhibée par :
- L’acide phytique (présent dans les céréales complètes, légumineuses).
- Le calcium et le fer à fortes doses.
- Les régimes végétariens stricts.
En moyenne, 20 à 40 % du zinc alimentaire est absorbé.
Transport
Une fois absorbé, le zinc circule, lié à l’albumine et à d’autres protéines plasmatiques. Il est ensuite distribué à divers organes (foie, muscles, os, peau) avec une grande majorité stockée dans les muscles et les os.
Utilisation
Le zinc est utilisé en permanence par les cellules pour assurer leurs fonctions biologiques. Il intervient comme cofacteur enzymatique, comme stabilisateur de structures protéiques et comme régulateur de l’expression génique. Les principaux réservoirs de zinc dans l’organisme sont les muscles et les os, mais on en retrouve également en concentration élevée dans le foie, le pancréas et le système nerveux central.
Carence
Causes :
La carence en zinc constitue un problème majeur de santé publique, principalement dans les régions du monde où l’alimentation repose essentiellement sur des céréales riches en phytates et pauvres en protéines animales. On estime qu’environ 17 % de la population mondiale serait exposée à un apport insuffisant en zinc, avec des taux beaucoup plus élevés en Afrique subsaharienne et en Asie du Sud-Est. Les causes de cette carence peuvent être nutritionnelles, mais aussi liées à des troubles de l’absorption intestinale, à des maladies chroniques, à certaines prises médicamenteuses ou à des pertes accrues.
Symptômes :
Cliniquement, la carence en zinc se manifeste par un retard de croissance, une diminution des défenses immunitaires, une susceptibilité accrue aux infections, des lésions cutanées, une alopécie, des troubles de la cicatrisation et des troubles de la fonction reproductive. Une forme génétique rare et sévère, appelée acrodermatite entéropathique, est causée par une mutation du transporteur ZIP4 et entraîne des lésions cutanées sévères, des troubles digestifs et peut être mortelle en l’absence de traitement.
Toxicité
La toxicité du zinc est rare et résulte presque toujours d’une supplémentation excessive ou d’une exposition professionnelle. Un excès prolongé de zinc peut entraîner des troubles digestifs, tels que des nausées et des douleurs abdominales, ainsi qu’une diminution de l’absorption du cuivre et du fer. Cette interférence peut provoquer une anémie secondaire et des perturbations du système immunitaire. Un excès chronique peut également perturber le métabolisme lipidique et affaiblir les défenses immunitaires.
Valeur limite (UL) : 40 mg/j chez l’adulte (selon EFSA)
Supplémentation
La supplémentation en zinc constitue le traitement principal en cas de carence avérée. Elle peut être administrée sous forme de gluconate de zinc, de sulfate de zinc ou de chlorure de zinc, selon la voie d’administration et la gravité du déficit. Dans le cas de certaines maladies génétiques, comme l’acrodermatite entéropathique, une supplémentation à vie est nécessaire. Il a été démontré que le zinc est également utilisé de manière thérapeutique dans certaines situations, comme la prévention des infections, le traitement de la diarrhée aiguë chez l’enfant ou certaines pathologies oculaires. Il est toutefois important de noter qu’il peut diminuer l’absorption de certains médicaments, notamment certains antibiotiques et médicaments contre l’ostéoporose, ce qui justifie un espacement des prises.
Conclusion
Le zinc est un élément trace fondamental pour la santé humaine, impliqué dans un grand nombre de processus biologiques essentiels. Sa carence demeure fréquente dans de nombreuses régions du monde et peut entraîner des conséquences graves, en particulier chez l’enfant et chez les populations fragiles. Une alimentation équilibrée et diversifiée, associée à une supplémentation ciblée lorsque nécessaire, constitue la meilleure stratégie pour prévenir les complications liées à une insuffisance en zinc.
Références bibliographiques
Stiles, L. I., Ferrao, K., & Mehta, K. J. (2024). Role of zinc in health and disease
Prasad, A. S. (2013). Discovery of human zinc deficiency: its impact on human health and disease
Organisation Mondiale de la Santé (1996). Trace elements in human nutrition and health